Pourquoi je ne suis pas sur les réseaux sociaux

Ni une question de principe, ni une position inflexible. Mais pour l'instant, je résiste aux réseaux sociaux. Ce truc-là, c'est comme la cigarette. Une fois qu'on a commencé, on ne peut pas s'arrêter.

A tous ceux qui s'étonnent de mon absence sur ces réseaux, voici quelques raisons :

 

- D'abord, une question de temps. Papoter sur FB, c'est s'attarder devant la machine à café. Très agréable, mais je me connais : j'ai tendance à y rester, puis y revenir, et encore un petit coup, allez juste deux minutes, non dix... Bref, la meilleure arme anti-concentration que je connaisse. Ne vaut-il pas mieux prendre le temps d'un bon coup de téléphone, d'un vrai mail, ou d'une rencontre en chair et en os (pardon si ces mots-là ne font plus partie de ce siècle) ?

 

- Ensuite, une réticence vis à vis du système de base. La notion même d'accepter ou de refuser des "amis" me semble favoriser le mélodrame. Qui inclure, qui exclure ? Il y a les populaires, avec une tonne d'amis, face aux minables qui tournent en rond avec un nombre d'amis faiblard. Et puis je me connais, moi et ma timidité (relent de cour d'école mal digéré). Le "Eh oh, tu veux bien être mon ami ? Allez, s'te plaît !" ne me vient pas naturellement. Il faut croire que je suis une névrosée des relations sociales virtuelles, je n'ose même pas poster des commentairessur les blogs. oui, je sais, c'est pathologique, vous pouvez rigoler.

 

- J'ai aussi une hésitation quant au contenu. Pour ce que j'en ai vu, les conversations sont loin d'être stimulantes intellectuellement. Ou, lorsqu'elles le sont, on se contente le plus souvent de répondre un simple "J'aime" (non, même pas : un pouce levé). Le top en matière de dialectique. Le seul avantage, c'est qu'on évite les fôtes d'ortaugrafe et de franssé. Et que dire, que taire ? Je ne parle pas tant du mélange vie privée / vie professionnelle, qui peut être compliqué à gérer. FB, c'est votre vitrine. Vous n'y incluez que les trucs qui vous plaisent, les événements qui vous mettent en valeur. Je ne suis pas persuadée que les contacts qui s'ensuivent soient basés sur la sincérité. Un nouveau code de relations, qui dépend aussi de ce que vos "amis" vont dire. Parce que de lien en lien, on aboutit parfois à quelque chose que vous auriez voulu cacher...

 

- Impossible enfin de ne pas évoquer cette "pieuvre" du web, ce réseau de contrôle qui connaît tout de votre vie, de vos sites préférés et de vos habitudes. FB, idéal pour un profilage parfait de votre personnalité. Et gentiment, cette société monnaie ces informations à d'autres. La virtualité devient un système économique dévorant la liberté de chacun. Rétention et utilisation de données personnelles, sans que personne n'y voie le moindre souci. Voilà... Mais encore une fois, rien de provocateur ni d'accusateur là-dedans. Et qui sait, peut-être bientôt nous rencontrerons-nous parmi les adeptes du groupe "je déteste les réseaux sociaux"...