Là-bas, tout ira bien - de la genèse à la sortie

 

Jour de sortie !

 

 C’est dans l’émotion que ce livre est né, dans l’émotion qu’il a été écrit, et dans l’émotion que nous vivons sa sortie, Sylvie Baussier et moi.

 Une palette d’émotions diverses, à tous les stades de la création.

 Le désespoir, depuis plusieurs années, à voir tous ces jeunes débarquer en France et être accueillis, plus ou moins bien. Plutôt mal que bien.

 L’incompréhension face à la lassitude, l’indifférence, l’égoïsme que leur situation provoquent.

 La volonté d’écrire sur ce sujet.

 Et puis l’acharnement avec lequel nous avons combattu les obstacles qui ont régulièrement bloqué notre écriture (voir ci-dessous la genèse du projet).

 La certitude que nous touchions quelque chose d’important et qu’il fallait continuer.

 Nos doutes, nos peurs, les murs que nous dressons autour de nous.

 Aujourd'hui enfin, le plaisir que ce livre naisse enfin. Le plaisir d’en être fières (pour une fois ! en ce qui me concerne, la fierté a souvent du mal à passer) et qu’il suscite de l’intérêt.

 Car les premiers échos sont très positifs, et c’est très important pour nous. Voyez ici la revue de presse, que je mettrai à jour régulièrement.

 Et déjà, il est sélectionné pour un premier prix, celui des Haliennales.

 On espère vraiment qu’il a une belle route devant lui, avec moins d’embûches que celle qui mène à « là-bas » !

 

La genèse de « Là-bas, tout ira bien »

 

 Chaque livre a une histoire. Celui-ci est né d’une envie convergente, avec Sylvie Baussier, d’écrire sur ce thème. Mais bien d’autres auteurs ont eu cette idée avant nous, avec talent. Alors comment le traiter de manière convaincante et renouvelée ?

 L’idée nous est rapidement venue d’inverser le processus : au lieu de faire venir des étrangers en France, et d’être assimilé (encore) à l’accueillant, il serait intéressant de faire partir nos personnages. Qu’ils affrontent l’ailleurs, eux.

 Eux, c’est nous. Nous, c’est eux.

 Mais une fois cette hypothèse posée, tout n’était pas résolu : pourquoi partir de France ? Comment rendre réaliste un exil massif ? Fallait-il décrire précisément les raisons de l’exode ? Elles pouvaient être nombreuses… Il paraissait nécessaire de se placer dans un futur, qui soit pourtant assez proche pour qu’il nous semble être aujourd'hui.

Aujourd'hui, c’est demain. Demain, c’est aujourd'hui.

Et où aller ? Fallait-il donner une destination précise de l’endroit où se dirigeaient nos personnages ? Nous avons longuement rôdé autour de cette question. Au début, il nous semblait nécessaire d’ancrer le texte et de tout nommer. Mais des obstacles sans fin se présentaient à nous. Il nous a fallu du temps pour comprendre que nous n’avions pas besoin de tout expliquer.

La seule chose importante à nos yeux, c’étaient nos personnages. Leur route vers l’ailleurs, vers un « là-bas » qui se donnait d’autant plus le droit d’être hypothétique, qu’il l’était réellement.

Là-bas, c’est ici. Ici, c’est là-bas.

Un « là-bas » avec ses difficultés, ses contingences, ses fardeaux et sa générosité.

 

 Merci

Pendant la phase d’écriture, nous avons écouté énormément d’histoires de réfugiés, toutes plus bouleversantes les unes que les autres. Merci à eux de s’être confiés si ouvertement.

 Merci à Sylvain, aussi, qui a largement participé à ma prise de conscience. Oui, nous pouvons agir, oui nous devons nous bouger.

 Merci enfin à nos tout premiers lecteurs (Jeanne-Marie qui a épongé nos doutes, Charlotte qui nous a encouragées) et aux éditeurs qui se sont emparé du texte (en particulier à Jennifer pour son enthousiasme autour du manuscrit).

 Merci à Scrineo de nous avoir fait confiance et d’avoir si bien entouré la sortie (Floria, Jean-Paul).

 Merci à vous, lecteurs, d’être touchés.